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Livres anciens, histoire, voyages, sciences. |
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Librairie
Dimitri Kronis |
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HILLIARD D'AUBERTEUIL. SAINT-DOMINGUE  |
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[HILLIARD D'AUBERTEUIL (Michel-René)]. Considérations sur l'état présent de la colonie française de SAINT-DOMINGUE. Ouvrage Politique et Législatif.
Paris, Grangé, 1776-77. 2 vol. in-8 de XVI 327 pp. et 2 ff.n.ch. IV 368 pp., veau moucheté de l'époque, dos lisse orné à « la grotesque », pièces de titre et de tomaison, triple filet doré en encadrement sur les plats, tranches marbrées (trous de ver sur trois mors).
2 800 €
Édition originale ornée d'un tableau replié (Sabin 31897 - Leclerc 1388).
Cet article discute les rapports entre le siècle des Lumières colonial et le gouvernement impérial par un examen de la carrière de Hilliard d'Auberteuil vis-à-vis le Ministère de la Marine, la polémique autour de ses Considérations sur l'état présent de la colonie française de Saint-Domingue (1776-77), et les réformes qu'il a proposées dans cet oeuvre. En dépit des suppositions répandues, la publication des Considérations se faisait en collaboration avec le Ministère, et la suppression de l'ouvre n'a pas mis fin à la carrière ministérielle de son auteur. En même temps, Hilliard d'Auberteuil était loin d'être un porte-parole du gouvernement impérial, et il proposait des réformes radicales des relations entre colonie et métropole et du régime intérieur de Saint-Domingue. En grande partie, les Considérations insistaient sur la nécessité d'un remaniement de la vie interne de la colonie sous un code local et une magistrature créole réformée. Mais la pensée de Hilliard d'Auberteuil est trop idiosyncrasique pour permettre aucune lecture uniforme. A la fin, les Considérations, son auteur, et la colonie sont liés par une série de discours utilitaires, qui se référait inévitablement, en Saint-Domingue, à la richesse produite par son système esclavagiste.
Cet ouvrage, censuré, est fort rare. Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, portant suppression d'un Ouvrage intitulé... (17 décembre 1777) : « L'auteur s'y était permis, par des imputations graves, contraires à la vérité, d'attaquer l'administration des Chefs de Saint-Domingue », « Les ingrats colons firent périr l'auteur dans un cachot, parce qu'il fut soupçonné d'affection pour les Mulâtres et Nègres libres, avoir écrit : L'intérêt et la sûreté veulent que nous accablions les Noirs d'un si grand mépris que quiconque en descend jusqu'à la sixième génération, soit couvert d'une tache ineffaçable » (Henri Grégoire : De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature).
Bon exemplaire.
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