Paris, Imbert
de Bats, 1710. In-8, maroquin citron. compartiments symétriques de diverses formes
séparées par des rubans de maroquin bleu nuit semé de pointillés
dorés. Huit de ces compartiments sont mosaïqués de maroquin rouge
orné de décors losangés et fleurdelysés, larges fleurons stylisés
de maroquin rouge disposés entre-eux. Au centre, armes couronnées
mosaïquées de maroquin havane, rouge et bleu nuit. Dos orné de
caissons de maroquin rouge et bleu alternés avec rubans de maroquin
bleu nuit et fleurons de maroquin citron. Doublures de maroquin
rouge ornées d'une large dentelle dorée avec chiffre couronné
au centre, gardes de papier doré, tranches dorées sur marbrure
(reliure de l'époque).
Prix sur demande.
Une extraordinaire reliure mosaiquée
du debut du XVIII ° siecle.
Les reliures mosaïquées du XVIII ° siècle sont un
des sommets du raffinement bibliophilique. Extrêmement coûteuses,
elles étaient réservées à une élite restreinte d'amateurs. Les
collections les plus fameuses de l'époque (comte d'Hoym, Gaignat,
comte de Lauraguais, duc de La Vallière), riches pourtant de milliers
de volumes somptueux, ne renfermaient, au plus, que vingt à trente
de ces spécimens.
C'est l'une des plus belles oeuvres
d'Augustin Duseuil.
Elle appartient au petit groupe d'ouvrages de piété exécuté
pour la famille d'Orléans ou son proche entourage décrit par Michon
(Les reliures mosaïquées
du XVIII ° siècle,
pp. 21-25). Ce dernier avance avec certitude le nom de Duseuil,
notamment parce que ce dernier, proche du Régent, reçut en 1717
le brevet de Relieur ordinaire du roi, charge qui semble avoir
été créée pour lui en remerciement.
Aux armes mosaiquees et au chiffre
de Louise-Adelaide d'Orléans.
Piquante et rare provenance que celle de la seconde fille
du Régent, née en 1698 et devenu abbesse de Chelles en 1719. Cette
méchante langue de Saint-Simon dit d'elle qu'elle n'avait de religion
que l'habit. Princesse à la fois musicienne, théologienne et scientifique
- elle se passionna pour la chirurgie - elle passait pour avoir
beaucoup d'esprit. Racine composa des vers lorsqu'elle devint
religieuse :
Plaisir, beauté,
jeunesse, honneurs, gloire, puissance,
Ambitieux espoir
que permet la naissance,
Tout au pied
de l'Agneau fut par elle immolé.
Quentin-Bauchard, Les Femmes bibliophiles, II, pp. 15-21,
qui ne peut citer que 4 ouvrages de cette provenance. - Olivier,
Hermal et Roton, pl. 2569.