Le seul exemplaire complet encore en mains privées
1. NOYENS, Johannes de. Casus breves super totum corpus legum . Sans lieu ni date [Bruxelles, Frères de la Vie Commune, vers 1478]. 2 parties en 1 vol. in-folio de (307) ff. (manque le dernier feuillet blanc) - (247) ff., 1 f. blanc, basane havane, dos lisse orné et doré, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure du XVIIIe siècle). 34 000 €
Edition princeps de ce traité juridique.
L'auteur en est le juriste brabançon Johannes Noyens (appelé également Nouts ou Nouyts). Né vers 1446 à Turnhout, près d'Anvers, il fit des études de droit civil et de droit canon à l'Université de Louvain, une des plus prestigieuses en Europe. Devenu titulaire de la chaire de droit en 1486, il mourut six ans plus tard en 1492.
Ces Casus breves super totum corpus legum sont une sorte de manuel de droit civil à l'intention des étudiants en droit. Il s'agit d'une série de cas d'école mettant en application les règles de droit romain, en usage à cette époque dans une grande partie de l'Europe.
Longtemps on a cru que la deuxième partie était l'oeuvre d'un juriste italien contemporain, Baldus de Ubaldis. En fait, si ce nom apparaît effectivement dans le titre, c'est en tant qu'auteur des commentaires ( lecturae ) utilisés par Johannes Noyens, comme l'a récemment démontré le grand historien du droit Robert Feenstra ( Tijdschrift voor rechstgeschiedenis , 63 (1995), pp. 351-354).
Une douzaine d'exemplaires seulement de cette édition incunable sont répertoriés dans les collections publiques (cf. Van Thienen - Goldfinch, Incunabula printed in the Low Countries (1999) n° 2118+2122).
On n'en connaît à ce jour que huit complets de la deuxième partie. Celle-ci est reliée en tête dans le présent exemplaire, le seul encore en mains privées.
Aucun exemplaire de l'une ou l'autre partie n'est conservé aux U.S.A.
Bel exemplaire à grandes marges.
Il a été entièrement rubriqué en rouge.
Polain, Catalogue des livres du quinzième siècle dans les bibliothèques de Belgique , n° 2899.
La pratique de la discipline conduit notre âme à la vertu, et la vertu à la béatitude
2. [BERNARDUS a BESSA]. Speculum discipline sancti Bonaventure ad novicios. Paris, Jean Lambert pour Denis Roce, [vers 1496-1500]. In-8 gothique (135 x 90 mm) de (64) ff., cartonnage moderne à la Bradel. 2 000 €
Précieuse édition incunable de cette célèbre règle monastique.
Sur le titre, belle et grande marque de l'éditeur Denis Roce, gravée sur bois et rehaussée en jaune.
Cet ouvrage, longtemps attribué à saint Bonaventure (1221-1274) général de l'ordre des Franciscains, est aujourd'hui restitué au frère Bernardus a Bessa (+1304). Secrétaire du "Docteur Séraphique", il écrivit plusieurs ouvrages de discipline spirituelle, ainsi que diverses hagiographies. Le Speculum constitue son oeuvre la plus connue. Il s'agit d'un petit traité à l'usage des nouveaux "disciples de Jésus-Christ". Il traite d'une part des choses qui préparent à la discipline (se dépouiller des biens matériels, se défendre des tentations, cultiver l'humilité, etc.) ; et d'autre part de la discipline elle-même : confession privée et publique, tenue vestimentaire, comportement à table, etc.
Jean Lambert, libraire et imprimeur actif à Paris entre 1493 et 1514, édita pour Denis Roce, libraire et relieur actif lui de 1490 à 1517, plusieurs ouvrages dans les dernières années du xv e siècle.
L'exemplaire est grand de marges (nombreux témoins) et soigneusement rubriqué en rouge.
Il s'agit du seul exemplaire connu en mains privées. Un seul exemplaire répertorié à la British Library ( Catalogue of French Book 1470-1600 , p. 74, IA. 40654) ; aucun dans les collections publiques françaises, ni aux États-Unis.
3. [Ars Moriendi]. Tractatus de arte bene vivendi et bene moriendi. Paris, Denis Roce, 20 octobre 1501 . In-8 gothique (137 x 90 mm) de (34) ff., maroquin vert, encadrement de filets à froid sur les plats, fleurons dorés aux angles, fleuron cruciforme doré au centre, dos à nerfs orné et doré, filet doré sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées (Capé). 7 500 €
Rarissime édition gothique parisienne d'un Ars Moriendi .
C'est le théologien français Jean-Charlier de Gerson qui, en 1408, proposa l'expression Ars moriendi et en donna la définition dans son Opusculum tripertitum de praeceptis decalogii, de confessione et de arte moriendi. Il témoignait ainsi d'un nouveau souci du clergé du sens à donner à la vie et à la mort.
Le livre de Gerson a inspiré, dès le début du xv e siècle, deux petits ouvrages de piété, publiés anonymement mais qui obtinrent une grande diffusion et suscitèrent des traductions dans toute l'Europe jusqu'en 1538 : un Ars moriendi et un Tractatus artis bene moriendi . Une des traductions françaises fut attribuée à Guillaume Tardif. Dans ces deux textes, les auteurs relient l'art de bien mourir à un art de bien vivre, en fonction de la mort et du salut dans l'au-delà.
La tradition des Artes moriendi se prolongea cependant jusqu'au xvii e siècle, avec par exemple le Miroir de la bonne mort (1683) illustré par Romeyn de Hooghe.
Très bel exemplaire dans une élégante reliure signée Charles-François Capé (1806-1867).
Il appartint successivement à deux bibliothèques prestigieuses, dont il conserve les ex-libris. Il s'agit d'abord de celle de Charles Cousin avec la devise "C'est ma toquade", puis de celle de Stanislas de Guaita ( Bibliothèque occulte, 2169).
Brigitte Moreau, Inventaire chronologique des éditions parisiennes du xvi e siècle , I, 9.
4. Psalterium Hebreum, Grecum, Arabicum, & Chaldeum. Genova, Pierre Paul Porro pour Agostino Giustiniani, novembre 1516 . Grand in-4 de (200) ff., veau brun, plats entièrement ornés d'un décor estampé à froid, dos à nerfs (reliure de l'époque). 20 000 €
Première édition polyglotte du Psautier. Elle a été donnée par le dominicain Augustin Pantaleon Giustiniani, orientaliste génois qui consacra sa vie à cette oeuvre . François Ier l'invita en France. Il devint le premier professeur d'arabe et d'Hébreu à l'Université de Paris.
Très beau titre en rouge et noir placé dans un encadrement d'arabesques qui restera célèbre dans l'histoire de l'ornementation. A la fin, marque parlante (un poireau) de l'imprimeur Porro.
Premier livre polyglotte publié, deuxième livre avec des caractères arabes . Il a été imprimé en caractères latins, hébreus, grecs, arabes et araméens, spécialement fondus pour la circonstance et tiré, au frais de Giustiniani, à 2 000 exemplaires, dont 50 sur peau de vélin destinés aux souverains d'Europe.
L'ouvrage est un americana important. On y trouve en effet, rédigée quelques mois après sa mort, la plus ancienne biographie de Christophe Colomb (cf. verset IV du Psaume xix ) : Et in fines mundi eurba eorum, Saltem temporibus nostris quibus mirabili ausu Christophori Columbi genuensis, alter pene orbis repertus est christianirumque cetui aggregatus. , etc.
Bel exemplaire en reliure estampée du début du xvi e siècle.
Dos refait, mouillures transversales à quelques pages dont le titre.
Delaveau-Hillard, Bibles imprimées du xv e au xviii e siècle , 2149. - Sabin, Books Relating to America, 66648. - Harrisse, A Description of Works Relating to America Published Between 1492 and 1551 , 88.
5. BUDE, Guillaume. Annotationes in quattuor et viginti pendectarum libros. Paris, Josse Bade, 1532. (8), CLXXVIII ff.
A la suite : Libellorumque magistri in praetorio, altera aeditio annotationum in pandectas . Paris, Josse Bade, 1532. (4), LXX ff. In-folio, veau brun, plats ornés d'un décor estampé à froid, dos à six nerfs, fermoirs (reliure de l'époque). 13 000 €
Précieuse édition donnée par Josse Bade ; elle offre, à la même date, la réunion des deux parties des Annotations sur les Pandectes .
" Ce livre était le fondement de la science juridique . Peut-être est-ce la première oeuvre de philologue que nous ayons eue en France ; elle est à coup sûr un modèle de critique philologique." (Plattard, Guillaume Budé et les origines de l'humanisme en France ).
Guillaume Budé n'expose pas seulement ses recherches, il explore, pour ainsi dire, devant son lecteur et en sa compagnie. Ses travaux ne veulent négliger aucune voie, fût-elle digressive. "Dans son mouvement, le commentateur, tel que le conçoit Budé, élargit sans cesse le champ de son enquête, et il est légitime par là de parler d'encyclopédie " ( Tous les savoirs du monde , 164-180).
Le Maître de la Librairie du Roy.
Dès le début du règne de François Ier, Guillaume Budé se rapprocha de la cour royale pour y plaider la cause des belles-lettres et de la philologie. Il milita pour la création d'un collège où seraient enseignées les langues de l'antiquité, le latin, le grec, l'hébreu : c'est le futur Collège de France, fondé en 1530 par François Ier.
Guillaume Budé porta le titre de " Maître de la Librairie du Roy". Il fut lié avec Thomas More, Bembo, Etienne Dolet, Rabelais et surtout Erasme qui écrivit, après une querelle littéraire, " Je ne suis point réconcilié avec Budé ; je n'ai jamais cessé de l'aimer."
Relié avec : MACROBE. In Somnium Scipionis M. Tulli Ciceronis libri duo, et saturnaliorum libri VII. Cum scholii & indicibus Ascensianis. Addito libello argutissimo Censorini de die Natali, subsequente eiusdem indice. Paris, Josse Bade, 1524. (6), [IV ff. de dédicace manquent], CXII, IX, (I) ff.
Très belle édition de l'oeuvre principale de Macrobe .
Elle est illustrée d'un grand bois (93 x 146 mm) représentant 3 astronomes au travail, d'une suite de 10 vignettes de style vénitien, plusieurs fois répétées ; l'une d'elles montre un joueur d'orgue et un joueur de vièle (44 x 70). Au f. XXVIII, une mappemonde d'après le bois de l'édition de Venise, 1500.
Très bel exemplaire, entièrement réglé, en reliure d'époque décorée.
Renouard, Bibliographie des impressions et des oeuvres de Josse Badius Ascensius , II, p. 231, A7 et p. 232, B3 (pour les oeuvres de Budé); III, p. 55, 3 (pour Macrobe). - Mortimer-Harvard, French Sixteenth Century Books , n° 120 (pour la seconde partie des Annotations seulement). - Veyrin-Forrer, BN, Cat. de l'exposition Guillaume Budé , 1968. - Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance , 242-243. - Plattard, Guillaume Budé et les origines de l'humanisme en France , 17-19.
6. GREBAN, Simon et Arnould. Le Premier [-Second] volume du triumphant Mystère des actes des Apostres. Paris, Nicolas Couteau pour Guillaume Anabat, 1537 . 2 tomes en un volume in-folio gothique imprimé sur deux colonnes de (9), CLXIX, (1) ff. - (7), CCXVIII, (1) ff., maroquin rouge, filets dorés en encadrement sur les plats, dos lisse orné de caissons de filets et fleurons dorés, pièce de titre de maroquin citron, coupes et bordures décorées, tranches dorées (reliure du xviii e siècle). 30 000 €
Édition originale de ce mystère du Moyen Âge.
Titres illustrés et deux grands bois à pleine page.
Au titre de chaque volume, saint Pierre et saint Paul sur un piédestal Renaissance ; au verso des deux titres, dans un très bel encadrement à colonnes composites datées 1537, trois blasons dont ceux du roi François Ier et du Dauphin ; après la table de chaque volume, composition à pleine page dans un bel encadrement architectural représentant l'Assomption de la Vierge et au sommet la Sainte Trinité.
Les Actes des apôtres furent composés par les frères Simon et Arnould Gréban, à l'instigation du roi René, avant 1478. Leur Mystère , contenant en marge de nombreuses indications de mise en scène, forme au total plus de 60 000 vers : "Jamais, dans une autre langue, l'on n'a publié un ensemble dramatique aussi cohérent et aussi copieux" (Lebègue, Le Mystère des Actes des apôtres , Paris, 1929, p. 43).
Le mystère fut le genre dramatique le plus élaboré du Moyen Âge.
Le théâtre médiéval, par ses origines, était, comme le théâtre antique, un théâtre de communion avec une forte fonction sociale et religieuse. Nés de l'Église (avant d'être condamnés par elle), les mystères furent d'abord, au cours des ix e et x e siècles, des sortes de pantomimes exécutées par les moines lors de la liturgie de Pâques. Mais c'est finalement au xv e siècle, à l'automne du Moyen Âge, qu'ils atteignirent leur apogée avec décors, costumes, machineries et des dizaines d'acteurs.
Les représentations, qui duraient souvent plusieurs jours, étaient des entreprises collectives qui passionnaient toute une ville : quelques mois auparavant, on les annonçait aux habitants par le "cry", ou proclamation solennelle, en invitant toutes les personnes de bonne volonté à apporter leur collaboration.
Les frères Gréban passent pour avoir donné à ce genre théâtral sa forme la plus achevée.
Au xviii e siècle déjà, les mystères sont particulièrement rares.
Guillaume Debure note, en 1763, dans sa Bibliographie instructive : "Ces pièces dramatiques, aussi barbares qu'extraordinaires, qui méprisées pendant une longue suite d'années, sont enfin devenues les délices de nos curieux, ont acquis par ce moyen une valeur très considérable, quelquefois même excessive, dans le commerce. Il faut convenir, à la vérité, que cette classe doit être regardée comme une des plus précieuses, puisqu'elle n'est en grande partie composée que de livres rares, parmi lesquels on en compte plusieurs que l'on peut mettre au premier rang : et l'on n'en sera plus étonné, quand on aura été instruit des causes qui, ayant contribué à leur destruction presque totale, en ont en même temps par une suite inséparable occasionné la grande rareté des exemplaires" ( Belles Lettres , I, pp. 537-539).
Spectaculaire exemplaire à grandes marges en maroquin décoré du xviii e siècle.
Il a figuré au Bulletin Damascène Morgand ( novembre 1912 , n° 1028) avec la mention : " Très bel exemplaire" .
Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance , 201. - Brunet , Manuel de l'amateur, III, 1978-1979. - Rahir, Bibliothèque de l'amateur , 448.
7. PETRARQUE, François. Il Petrarca. Lyon, Jean de Tournes, 1550 . In-16 de 416 pp., (8) ff., maroquin havane, plats ornés d'une succession d'encadrements d'un filet doré, de bandes de maroquin fauve mosaïqué et d'une large roulette dorée avec fleurons de maroquin vert mosaïqué, dos à nerfs orné et doré, coupes et bordures décorées, gardes de tabis havane, tranches dorées, étui (Visinand). 3 400 €
Seconde édition illustrée des poésies de Pétrarque donnée par Jean de Tournes.
Elle est d'une exécution typographique parfaite et imprimée, dit Cartier "avec la charmante italique que de Tournes avait fait graver spécialement pour les poètes italiens".
Elle est illustrée d'une vignette de titre en forme de cour et d'une suite de 7 vignettes gravées sur bois. La première est rectangulaire (48 x 53 mm), les suivantes sont ovales (48 x 54 mm).
Brun les donne comme "d'une gravure parfaite, qui ne peut être que de la main de Bernard Salomon".
Splendide exemplaire.
Belle reliure de Visinand à l'imitation des décors du xvi e siècle. Cet artisan parisien, à la production confidentielle, exerça peu de temps à partir de 1895.
Cartier, de Tournes , 177. - Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance , p. 271. - Mortimer-Harvard, French Sixteenth Century Books , 428. - Brunet , Manuel de l'amateur, IV, 550.
8. [ABRAVANEL, Judah]. Philosophie d'Amour de M. Léon Hébreu. Traduicte d'italien en francoys, par le seigneur du Parc, Champenois. Lyon, Guillaume Rouillé, 1551 . Petit in-8 de 675 pp., (22) ff., le dernier blanc, maroquin rouge, plats ornés d'un décor doré à entrelacs et fers azurés, armes au centre, dos à nerfs orné de même avec chiffre doré dans les entre-nerfs, coupes décorées, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrure (Cuzin). 5 000 €
Édition originale de la traduction des Dialoghi d'Amore donnée par Denis Sauvage.
Le titre est orné d'un superbe encadrement gravé sur bois, d'après une composition de Pierre Vase. Impression en caractères italiques, avec lettrines et ornements.
Une des plus parfaites productions de l'imprimerie lyonnaise à son apogée.
Néo-platonisme, Kabbale et haute mystique.
Léon l'Hébreu est le pseudonyme de Judah Abravanel, cabbaliste converti au christianisme. Il dut quitter la Castille en 1492, pour se fixer à Gênes où il exerça la médecine. Son traité contribua, avec ceux de Marsile Ficin, à la diffusion en France d'un néo-platonisme qui se rattache étroitement au mouvement humaniste.
Pénétré de spiritualité chrétienne, ce platonisme de Léon Hébreu assimile des matériaux empruntés à la Kabbale, débouchant sur des effusions mystiques fort suspectes aux docteurs. Le deuxième dialogue est une histoire des amours des dieux païens. Par syncrétisme, il établit des rapports entre macrocosme et microcosme, d'après la théorie des signes du zodiaque et des planètes. Les poètes du cénacle lyonnais, puis ceux de la Pléiade accueillirent avec enthousiasme la Philosophie d'amour , vogue dont Montaigne se moquera : "Mon page faict l'amour, lisez-luy Léon Hébreu et Ficin. "
Le combat pour la langue française.
La traduction des Dialoghi d'Amore par Denis Sauvage, sieur du Parc, est dédiée à Catherine de Médicis. Né vers 1520, à Fontenailles-en-Brie, il était attaché à l'officine de Guillaume Rouillé comme correcteur. Converti un temps à la Réforme, il fut historiographe du roi Henri II, de même que l'éditeur de Froissart et de Commines. Attentif à la réforme de la langue française, il n'hésite pas à forger des néologismes ; "Pour ce qu'il m'a esté forcé d'user de mots nouveaux en matière nouvelle, j'ay mis un dictionnaire sur la fin du livre pour l'exposition de tels mots. "
En parcourant ce glossaire d'une centaine de mots, on relève parmi ceux qui ont été adoptés par l'usage : astuce, aéré, bénévole, dimension, effréné, éminent, fastidieux, intrinsèque, immédiatement, moteur, satiété, démence, habitude, etc.
Quant à l'imprimeur Guillaume Rouillé, autre italianisant, il fut un des premiers en France à observer les règles de l'orthographe modernisée que Ronsard venait de préconiser quelques mois plus tôt.
Remarquable reliure exécutée par Cuzin, vers 1875.
Le décor Renaissance se compose d'un jeu d'entrelacs et de rinceaux poussés en volutes aériennes, où viennent se greffer des fleurons azurés. Cuzin était relieur, non doreur. A cette époque, il confiait l'exécution des décors à Marius Michel père qui pratiquait ce type de dorure "en surface".
Le possesseur des armes, au centre, n'a pu être identifié.
Baudrier, Bibliographie lyonnaise IX, p. 193.- Caillet, Manuel des sciences occultes, I, n° 11 : "Édition rare". - Techener, Bibliothèque champenoise, 1886, n° 1903. - Catach, L'Orthographe française à l'époque de la Renaissance, 1968, p. 227 : "En 1551, l'un des premiers en France, G. Rouillé fait paraître un ouvrage en orthographe de Ronsard : Des Dames de renom, de Boccace. - Yemeniz, Catalogue de la bibliothèque, 1867, n° 21446 ; pour la réimpression de 1559, seulement.
9. DU CHOUL, Guillaume. Discours de la religion des anciens romains, illustré d'un grand nombre de médailles, & de plusieurs belles figures retirées des marbres antiques, qui se trouvent à Rome et par nostre Gaule. Lyon, Guillaume Rouillé, 1556 .
A la suite : Discours sur la castramétation et discipline militaires des romains [.] Des bains et antiques exercitations grecques et romaines. Lyon : Guillaume Rouillé, 1557 .
2 ouvrages en 1 volume petit in-folio de 312 pp., (28) ff., le dernier blanc et de 55, (1 bl.), 20, (5) ff. et 1 planche dépliante, reliure de vélin orné d'un décor de taches polychromes, tranches mouchetées (reliure du xviii e siècle). Vendu
Édition originale. C'est l'un des plus beaux livres produits par l'éditeur lyonnais Guillaume Rouillé.
Magnifique suite gravée sur bois en premier tirage.
Elle est l'oeuvre de Pierre Eskrich qui fut l'un des artistes préférés de Guillaume Rouillé et l'auteur d'incomparables suites gravées. Elle comporte, outre la belle marque d'imprimeur armoriée sur le titre, 554 vignettes de médailles, et 47 figures dont 5 sont à pleine page, le tout gravé sur bois.
L'antiquité romaine sort de l'ombre.
Le Discours de la religion des anciens Romains est célèbre pour l'abondance de son illustration. L'ouvrage est dédié à Claude d'Urfé en remerciement des services rendus à Rome à l'auteur et aux siens, allusion au séjour de Jean Du Choul dans la suite de l'ambassadeur du roi de France. La Religion , que l'on trouve dans bien des catalogues de bibliothèques anciennes, servit de répertoire iconographique à plusieurs peintres, comme Nicolas Poussin.
Troisième édition pour la Castramétation .
Elle est illustrée de 37 bois gravés à pleine page et d'un plan dépliant montrant un camp romain. Le texte en appendice, "Des Bains", contient trois bois gravés à pleine page et trois plus petits, que Baudrier attribue également à Pierre Eskrich.
Il s'agit essentiellement d'un commentaire de planches sur l'armée romaine. On pense que cette belle suite gravée fut inspirée à Du Choul par les dessins de la colonne Trajane qu'il avait observée lors de son séjour à Rome.
Bel exemplaire, élégamment relié en vélin teinté du xviii e siècle.
Mortimer-Harvard, French Sixteenth Century Books , I, 180 et 181. - Baudrier, Bibliographie lyonnaise , IX, 229-230 et 221-222 où il confirme en note que "la première édition [du Discours de la religion ] est celle de 1556".