Mémoires de Gui Joly conseiller au Chatelet
TEXTE
JOLY (Gui). Mémoires de Gui Joly conseiller au Chatelet &c., Contenant l'histoire de la régence d'Anne d'Autriche & des premières années de la majorité de Louis XIV jusqu'en 1666, les intrigues du cardinal de Rets à la Cour, ses voiages en divers païs de l'Europe et la vie privée de ce cardinal jusqu'à sa mort &c. Ouvrage qui sert de supplement aux Memoires du cardinal de Retz. Nouvelle édition, augmentée de remarques et d'éclaircissemens curieux sur l'histoire de ce tems là. [Suivi de] Mémoires de Madame la duchesse de Nemours, contenant tout ce qui s'est passé de plus particulier en France pendant la guerre de Paris, jusqu'à la prison du Cardinal de Rets en 1652, avec les differens caracteres des personnes de la Cour. A Amsterdam, Chez Jean Frédéric Bernard, 1738-1739 , 3 vol. petit in-8, [8]-244 pp., [14]-300 pp. et 167-[4] pp., le faux-titre et un feuillet blanc ont été insérés par erreur entre les pages 166-167 du tome III, maroquin rouge, dos à nerfs orné de fleurons et de caissons dorés, plats encadrés d'un triple filet doré, filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (rel. de l'époque). Vignette ex-libris "Helena" contrecollée sur le contreplat supérieur du tome I.
1.800,00 €
Deuxième édition des Mémoires de Gui Joly et troisième édition de ceux de la duchesse de Nemours. Ces deux ouvrages complètent traditionnellement les mémoires du cardinal de Retz, parus pour la première fois en 1717.
Gui Joly, conseiller au Châtelet puis syndic des rentes de l'hôtel de ville, s'est attaché à la fortune du cardinal de Retz jusqu'en 1665. À cette date, Gui Joly se tourne du côté de la cour et accepte d'écrire des ouvrages pour soutenir les prétentions de la reine Marie-Thérèse sur les Pays-Bas en 1667. Les Mémoires de Gui Joly ont été écrits après la rupture avec le cardinal de Retz et sont publiés pour la première fois en 1718, soit l'année qui suit la parution des mémoires du cardinal.
D'après Bourgeois et André, il s'agit donc d'une oeuvre partiale. "Si le maître est vaniteux, le "valet" l'est aussi. En racontant les évènements de la Fronde, de 1648 à 1655 surtout, il a voulu diminuer le rôle de Retz et grandir en échange le sien. À l'en croire, il aurait tout fait, il aurait seul inspiré les actes décisifs, il aurait réduit Retz à être l'exécuteur fidèle et obéissant de ses volontés. [.] Il faut savoir distinguer chez [Gui Joly] ce qui sert de correctif aux mémoires du cardinal, ce qui ajoute aux oublis volontaires ou non de celui-ci. [.] En faisant la part aux passions de l'auteur qu'animait encore, au bout de dix ans, le souffle du combat et de l'animosité, l'historien se servira de ces souvenirs pour compléter ceux du bouillant cardinal et des autres principaux acteurs de la Fronde."
Fille du duc de Longueville et de sa première femme, la duchesse de Nemours (1625-1707) a dû vivre auprès de sa belle-mère, la sour de Condé, dont elle n'avait ni les mours ni les idées. Entraînée dans la Fronde malgré elle, elle n'a eu toujours en vue que l'intérêt de son père et elle a toujours regretté de le voir engagé dans des aventures dangereuses pour lui. Dans ses Mémoires, la duchesse "a reproduit, d'une touche très légère et dans un style fort châtié, les impressions spéciales que la Fronde avait faites sur elle. [.] N'ayant pas pour la révolte la même affection ou le même intérêt qu'eurent beaucoup d'adversaires du cardinal Mazarin, elle a pu émettre sur la Fronde des réflexions judicieuses et en montrer l'incohérence et la vanité." (Bourgeois et André).
Bel exemplaire dans une reliure en maroquin de l'époque .
Usures aux coins.
Bourgeois et André, 798 et 802.